Le passé n'existe que par les œuvres des hommes. Elles sont leur seul capital durable.

Gaston Gallimard, janvier 1953

Cinq des six fondateurs de La Nouvelle Revue française à Pontigny, 1912

André Gide, Henri Ghéon, Jean Schlumberger, Jacques Copeau et Marcel Drouin. Coll. part.

Premier prospectus des Éditions de la NRF, juin 1911.

1909-1911. De la revue aux Éditions

Les premiers livres des Éditions de la Nouvelle Revue française paraissent en juin 1911 : L’Otage de Paul Claudel, Isabelle d’André Gide et La Mère et l’enfant de Charles-Louis Philippe, bientôt suivis des Éloges de Saintleger Leger, futur Saint-John Perse.

Le modeste « comptoir d’édition » qui les fait paraître est celui de La NRF, une revue de littérature et de critique créée en 1909 par un groupe d’écrivains réunis autour d’André Gide et œuvrant à la formulation d’un « classicisme moderne ». Constatant le bon accueil de leur revue, ils ont souhaité disposer d’une « bibliothèque » à leur main pour y faire publier en volume certains des textes parus ou à paraître à La NRF, tantôt en feuilleton, tantôt par extraits.

Gide obtient de Paul Claudel qu’il réserve ses pièces futures à cette nouvelle enseigne, ce qui adviendra. Malgré l’estime réciproque qui unit les deux créateurs, leur « alliance » se verra toutefois fragilisée sitôt que la revue fera place à des auteurs peu « ajustés » à la ligne claudélienne et que Gide lui-même lèvera le voile sur ses inclinations et sa quête morale. Mais la littérature est un ordre à part ; la NRF repose sur cette conviction, qui prime les clivages religieux, moraux ou politiques, sans soustraire la littérature à la diversité de l’expérience humaine.

Comme ils le font déjà pour la revue, Gide et Jean Schlumberger sont prêts à assumer les frais de la jeune maison d’édition. Mais il faut un homme pour gérer l’affaire : ce sera Gaston Gallimard.

 

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