Je n’ai jamais pensé qu’à imprimer des livres que je souhaitais avoir dans ma bibliothèque. En le faisant pour moi, je le faisais pour d’autres.

Gaston Gallimard, années 1950

Cinq des six fondateurs de La Nouvelle Revue française à Pontigny, 1912

André Gide, Henri Ghéon, Jean Schlumberger, Jacques Copeau et Marcel Drouin. Coll. part.

Premier prospectus des Éditions de la NRF, juin 1911.

1909-1911. De la revue aux Éditions

Les premiers livres des Éditions de la Nouvelle Revue française paraissent en juin 1911 : L’Otage de Paul Claudel, Isabelle d’André Gide et La Mère et l’enfant de Charles-Louis Philippe, bientôt suivis des Éloges de Saintleger Leger, futur Saint-John Perse.

Le modeste « comptoir d’édition » qui les fait paraître est celui de La NRF, une revue de littérature et de critique créée en 1909 par un groupe d’écrivains réunis autour d’André Gide et œuvrant à la formulation d’un « classicisme moderne ». Constatant le bon accueil de leur revue, ils ont souhaité disposer d’une « bibliothèque » à leur main pour y faire publier en volume certains des textes parus ou à paraître à La NRF, tantôt en feuilleton, tantôt par extraits.

Gide obtient de Paul Claudel qu’il réserve ses pièces futures à cette nouvelle enseigne, ce qui adviendra. Malgré l’estime réciproque qui unit les deux créateurs, leur « alliance » se verra toutefois fragilisée sitôt que la revue fera place à des auteurs peu « ajustés » à la ligne claudélienne et que Gide lui-même lèvera le voile sur ses inclinations et sa quête morale. Mais la littérature est un ordre à part ; la NRF repose sur cette conviction, qui prime les clivages religieux, moraux ou politiques, sans soustraire la littérature à la diversité de l’expérience humaine.

Comme ils le font déjà pour la revue, Gide et Jean Schlumberger sont prêts à assumer les frais de la jeune maison d’édition. Mais il faut un homme pour gérer l’affaire : ce sera Gaston Gallimard.

 

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