Je n’ai jamais pensé qu’à imprimer des livres que je souhaitais avoir dans ma bibliothèque. En le faisant pour moi, je le faisais pour d’autres.

Gaston Gallimard, années 1950

La « Bibliothèque de la Pléiade »

« La Bibliothèque de la Pléiade » est créée en 1931 par un jeune éditeur indépendant, Jacques Schiffrin, originaire d’Azerbaïdjan. C’est une collection à part entière de sa maison d’édition — les Éditions de la Pléiade/J. Schiffrin & Cie, créées en 1923. Sa conception est singulière et novatrice : il s’agit de proposer, au format poche, les œuvres complètes des auteurs classiques, en préservant un grand « confort » de lecture.

C’est peut-être la plus prestigieuse collection des Éditions Gallimard, mais elle n’y est pas née. Sa création revient à Jacques Schiffrin, fondateur des Éditions de la Pléiade.

Né à Bakou, où ses parents possédaient des usines pétrochimiques, il s’installe à Paris en 1922 et se consacre à l’édition de livres illustrés et de classiques russes. Suivant des modèles anglais et allemands, Schiffrin crée la « Bibliothèque reliée de la Pléiade », vouée aux classiques, dont le premier volume, les Œuvres de Baudelaire, paraît à Noël 1931.

Douze titres y sont publiés avant qu’en 1933, sur le conseil de Gide, la NRF ne reprenne cette collection en mal de trésorerie ; Schiffrin en conserve la direction et prend par ailleurs la responsabilité des publications de Gallimard pour la jeunesse (Les Contes du chat perché...). « J’ai voulu faire quelque chose de commode, de pratique ; j’ai tenu compte du fait que les appartements d’à présent imposent de faire tenir le plus de choses dans le minimum de place », expliquait Schiffrin, ajoutant qu’il avait souhaité « que ces livres fussent aussi beaux que possible ». Le papier bible, le Garamond, la reliure de peau dorée... tout est en place dès 1931 et perdure. Avec toutefois deux mutations : l’ouverture aux contemporains (Gide, en 1940) ; l’amplification de l’appareil critique après-guerre.

Lieu de la consécration littéraire, dont rêvait Céline, la Pléiade attire des auteurs restés en marge de la NRF, comme Julien Green, François Mauriac, Julien Gracq ou Claude Simon. Contraint de s’exiler aux États-Unis durant l’Occupation, Schiffrin sera remplacé par Jean Paulhan, la collection passant, après-guerre, sous la responsabilité du frère et du neveu de Gaston Gallimard. Elle compte aujourd’hui plus de 550 titres.

 

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