[La littérature] ne se recommence pas, elle n’est jamais là où on pensait la trouver. Somme toute elle ne ressemble pas à la cuisine (où l’on se fie aux gens de métier). Mais plutôt à l’amour (où les professionnels ont toujours quelque chose de louche).

Jean Paulhan, présentation des Cahiers de la Pléiade, 1951.

Raymond Queneau

Soutenu par Paulhan et Parain, qui apprécient sa fantaisie autant que son esprit méthodique et sa culture, Queneau, auteur (1933) puis lecteur (1938) chez Gallimard, entre le 15 janvier 1941 dans le cercle restreint des « secrétaires » de Gaston, avec le titre de chef du comité de lecture.

Son activité est à la mesure de son inépuisable soif de connaissance et d’expérimentation. Littérature anglosaxonne (Blixen, Dos Passos, Faulkner, Hemingway, Miller, Burroughs…), fiction française (Béalu, Grout, Simenon, Leiris, Merle, Duras, Bessette, Bourdouxhe, Modiano, Vian…), poésie (Follain, Guillevic, Queval…), philosophie et essais (Belaval, Cioran, Dumézil, Kojève, Koyré, Levinas, Wittgenstein…), romans policiers ou d’anticipation… tout paraît docile à son jugement. De 1954 à 1976, il est requis par l’« Encyclopédie de la Pléiade », que Gaston a préféré confier à son facétieux « Pic de la Mirandole » plutôt qu’à son frère et son neveu.

Placé au cœur de la scène éditoriale par son élection au jury Goncourt en mars 1951, il sera l’une des dernières grandes figures de la « NRF de Gaston »…et l’inventeur inoubliable de Zazie dans le métro.

Extrait de Gallimard. Un éditeur à l’œuvre, d’A. Cerisier, coll. Découvertes Gallimard, 2011

 

< retour