Les œuvres les plus divergentes, lorsqu’elles se rassemblent dans le musée où la bibliothèque, ne s’y trouvent pas rassemblées par leur rapport avec la réalité, mais par leurs rapports entre elles.

André Malraux, L’Homme précaire et la littérature

Marcel Duhamel

Traducteur de romans d’aventures et de scénarios américains avant la guerre, Marcel Duhamel, ami de Prévert, Queneau et Achard, rencontre Michel Gallimard en 1944. De leur bonne entente naît en septembre 1945 la « Série noire ».

Les premiers titres de la collection sont traduits par Duhamel : La Môme vert-de-gris et Cet homme est dangereux de Peter Cheyney et le sulfureux Pas d’orchidées pour Miss Blandish de J. H. Chase. L’éditeur de Hammett, père de ce roman noir anticonformiste, est en terrain connu. Missionné à Londres début 1945, Duhamel signe des contrats pour les œuvres de Peter Cheyney, Raymond Chandler et Don Tracy…

Mais la collection prend son essor en 1948 sous l’impulsion de Claude Gallimard. C’est la course aux auteurs… On lance en 1949, avec J’ai épousé une ombre de William Irish, une « Série blême » vouée aux romans à suspense. La « Série noire » suit alors les évolutions du genre, s’ouvrant aux romanciers français (Amila, Simonin, Le Breton, Giovanni…).

Duhamel a fait de cette collection un mythe ; il la dirigera jusqu’à sa mort en 1977, assisté de Robert Soulat, son successeur.

Extrait de Gallimard. Un éditeur à l’œuvre, d’A. Cerisier, coll. Découvertes Gallimard, 2011

 

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