Je n’ai jamais pensé qu’à imprimer des livres que je souhaitais avoir dans ma bibliothèque. En le faisant pour moi, je le faisais pour d’autres.

Gaston Gallimard, années 1950

Jean Paulhan

Jean Paulhan devient rédacteur en chef de La Nouvelle Revue française en 1925 après en avoir assuré le secrétariat auprès de Jacques Rivière. Cet homme de revue, qui œuvra à la NRF pendant près d’un quart de siècle, exerça une influence considérable sur le monde des lettres et des arts.

« Hier encore, pendant la séance du comité de lecture, je considérais notre réunion et je me rendais bien compte que cette maison est bien la vôtre… Jamais je n’ai eu ni avec Gide ou Schlumberger, ou Copeau, ou même Jacques Rivière, l’intimité que j’ai avec vous. » Gaston sait ce qu’il doit à Jean Paulhan, dont l’« autorité » n’a cessé de s’affirmer depuis qu’en février 1920, partageant son temps entre le siège de la Nrf rue Madame et le ministère de l’Instruction, il est venu seconder Jacques Rivière à la revue.

Né à Nîmes en 1884, cet homme de revues, fils de philosophe, sera professeur à Tananarive avant d’être mobilisé en 1914. Son premier livre, Le Guerrier appliqué (1917), est salué par ses pairs. Travaillant sur la sémantique des proverbes, point d’entrée de ses réflexions sur le langage, il devient l’agent de liaison entre les futurs surréalistes et La NRF.

Cet esprit contradictoire et sensible, dont l’intelligence et la feinte ingénuité purent autant éblouir qu’inquiéter ses interlocuteurs, fut un démocrate en littérature comme en politique. Son action à la NRF (1919-1965) et à son entour portera sur tout le mouvement littéraire du XXe siècle.

Extrait de Gallimard. Un éditeur à l’œuvre, d’A. Cerisier, coll. Découvertes Gallimard, 2011

 

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