Toute la question est de savoir si une entreprise commerciale peut vivre en n’éditant que des ouvrages excellents de forme et de fond…

Paul Claudel à André Gide, 2 juin 1910.

Gaston Gallimard

André Gide fait la connaissance de Gaston Gallimard en 1906. Le fils de Paul Gallimard, propriétaire du Théâtre des Variétés et collectionneur de toiles impressionnistes, est un fervent lecteur de ses œuvres ; il a, comme lui, des attaches normandes, les Gallimard étant propriétaires du manoir de Bénerville, sur les hauteurs de Deauville.

Le jeune homme est un élégant représentant de la bohême bourgeoise de la rive droite, compagnon de flâneries de Francis Jourdain et de Léon-Paul Fargue. Né le 18 janvier 1881 rue Saint-Lazare, familier des milieux artistes et des maîtres du vaudeville parisien, il n’a encore rien sacrifié de son dilettantisme jouisseur lorsque Jean Schlumberger, frère de son ami Maurice, lui propose en octobre 1910 de prendre la gérance du comptoir d’édition de La NRF. Gaston a du goût, des relations et, semble-t-il, quelque fortune. C’est un bon parti pour La NRF, d’autant que l’on sent chez lui un désir d’émancipation qui pallie les défauts d’une extraction un peu suspecte vue de la rive gauche de la Seine.

Gaston accepte et signe avec Gide et Schlumberger l’acte qui donne naissance le 31 mai 1911 aux Éditions de la NRF. On se félicitera dès lors de l’implication du jeune homme qui prend aussitôt à cœur sa nouvelle charge. Il signe les contrats, négocie avec les imprimeurs, visite les libraires... et contribue largement au financement de l’entreprise. Gaston épouse le 17 décembre 1912 la petite-fille de l’ancien propriétaire des collections et de l’hôtel de Cluny à Paris, Yvonne Redelsperger. De leur union naît en 1914 leur fils unique, Claude Gallimard.

Extrait de Gallimard. Un éditeur à l’œuvre, d’A. Cerisier, coll. Découvertes Gallimard, 2011

 

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