Toute la question est de savoir si une entreprise commerciale peut vivre en n’éditant que des ouvrages excellents de forme et de fond…

Paul Claudel à André Gide, 2 juin 1910.

Albert Camus

Élève de Jean Grenier puis journaliste à Alger républicain, Albert Camus est introduit à la NRF par Malraux, après qu’il lui a fait parvenir en mai 1941 le manuscrit de L’Étranger : « Attention : ce sera un écrivain important. »

Les manuscrits des « Trois Absurdes » sont transmis par Pascal Pia à Paulhan. L’enthousiasme est général. L’Étranger, salué par Arland, Blanchot et Sartre, est publié en mai 1942, Le Mythe de Sisyphe en octobre et Caligula en 1944, alors que Camus achève La Peste, son premier grand succès.

L’écrivain, engagé dans la Résistance, sympathise en janvier 1943 avec Michel Gallimard qui, dès la fin de l’année, le fait entrer au comité de lecture. Directeur de la collection « Espoir » après avoir quitté la rédaction de Combat, il y est moins impliqué que Paulhan ou Queneau, mais considère la NRF comme son « adresse perpétuelle ». Il y défendra Romain Gary, Michel Vinaver, Robert Pinget, Violette Leduc et son « frère » René Char, et sera l’éditeur des œuvres posthumes de Simone Weil ; intime des cousins Gallimard (Pierre, Michel et Robert), il s’y lie avec Parain et Lemarchand et y contrebalance l’influence sartrienne.

Extrait de Gallimard. Un éditeur à l’œuvre, d’A. Cerisier, coll. Découvertes Gallimard, 2011

 

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