Les œuvres les plus divergentes, lorsqu’elles se rassemblent dans le musée où la bibliothèque, ne s’y trouvent pas rassemblées par leur rapport avec la réalité, mais par leurs rapports entre elles.

André Malraux, L’Homme précaire et la littérature

Bibliothèque Gabrielle-Roy

Photos DR

Exposition | Du 8 décembre 2011 au 19 février 2012

« Gallimard 1911-2011. Un siècle d’édition » à Montréal

La Grande Bibliothèque de Montréal accueille l’exposition consacrée au Centenaire. Déclinaison de l’exposition parisienne, elle offre au public une rétrospective d’un siècle de découvertes, d’innovations éditoriales et de succès littéraires.

Puisant dans le fonds des Éditions Gallimard, ainsi que dans les archives de la Bibliothèque et archives nationales du Québec et de Radio-Canada, l’exposition — initialement présentée en octobre 2011 à la Bibliothèque Gabrielle-Roy de Québec, dans le cadre du Festival littéraire « Québec en toutes lettres » — est aussi l’occasion d’explorer un pan mal connu des relations transatlantiques : du « voyage au Canada » d’écrivains français comme Breton, Sartre ou Le Clézio, à ce fleuron québécois du catalogue Gallimard qu’est Réjean Ducharme, les quelques deux cent pièces exposées – lettres, manuscrits, éditions anciennes, archives sonores et télévisuelles – témoignent des liens très forts tissés entre lecteurs, écrivains et intellectuels français et québécois autour de la maison Gallimard.

« Si je voulais mettre en avant un moment important de ce siècle d’échanges littéraires et intellectuels entre la France et le Québec, c’est l’année 1966 qui me viendrait à l’esprit. Je suivrais en cela l’exemple de Dominique Aury, qui consacrait dans La NRF de décembre 1966 un long article critique sur le renouveau de la littérature québécoise en l’intitulant : “Vive le Canada”. Elle y saluait en particulier la parution, directement en France, de L’Avalée des avalés de Réjean Ducharme. “Une intense et brûlante et nostalgique poésie rayonne de ce sombre livre, où l’on verra tant qu’on voudra Lautréamont, Rimbaud, Céline — mais ce n’est pas sérieux. Réjean Ducharme ne ressemble à personne... Ce qui compte, ce sont les fables et les songes qui vont et viennent de celui qui écrit à celui qui lit. On peut ouvrir ce livre n’importe où, s’en émerveiller, un diable y a soufflé les mots qui délient : c’est le livre d’un poète déguisé en romancier canadien.” L’universalité de la littérature tient à la rencontre de deux imaginaires, celui du lecteur et celui de l’auteur. De sorte que, pour Dominique Aury comme pour nous-mêmes, “Vive le Canada” est une autre façon d’écrire “Vive la littérature”.
Dans les lettres émouvantes que Réjean Ducharme adressait à la NRF dans les années 1960 et 1970 (“Cher éditeur, Je vous écris de ma patinoire qui est en train de fondre...”), il était plus souvent question des œuvres de ses contemporains (celles du Céline d’après-guerre, celles de son ami J.M.G. Le Clézio...) que des siennes propres. Comme si ce dialogue entre écrivains, surclassant les frontières, les océans et les âges, étaient indissociables de l’acte de création lui-même. C’est ce que n’ont cessé de nous dire André Gide, André Malraux ou plus près de nous Milan Kundera. C’est ce que continue de nous révéler ce siècle d’édition illustré par cette belle exposition. »
Antoine Gallimard

 

informations complémentaires

Du 6 au 30 octobre 2011
Bibliothèque Gabrielle-Roy
350, rue Saint-Joseph Est — Québec G1K 3B2

Du 8 décembre 2011 au 19 février 2012
Bibliothèque et Archives nationales de Québec
475, bd De-Maisonneuve Est — Montréal (Québec) H2L 5C4

Commissariat : Alban Cerisier, Marie-Noëlle Ampoulié et Éric Legendre pour le volet français ; Marie-Andrée Lamontagne pour le volet québécois et la coordination de l’exposition au Québec.
Avec le soutien de l’Institut français, en partenariat avec le Consulat général de France et Gallimard Ltée à Québec.
> www.institutfrancais.com

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