Les œuvres les plus divergentes, lorsqu’elles se rassemblent dans le musée où la bibliothèque, ne s’y trouvent pas rassemblées par leur rapport avec la réalité, mais par leurs rapports entre elles.

André Malraux, L’Homme précaire et la littérature

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Collection Blanche
Parution : 4 novembre 2011
608 pages | 140 x 215 mm
29,50 € €
ISBN : 9782070786978
Code distributeur : A78697

Gallimard G., Paulhan J.

Correspondance (1919-1968)

Édition établie et présentée par Laurence Brisset

Gaston Gallimard et Jean Paulhan sont des personnages que nous connaissons bien, mais des personnes que nous méconnaissons. Ce couple célèbre de l’édition a fait couler tellement d’encre que leur masque nous est plus familier que leur visage. Par chance, les deux hommes nous ont laissé une correspondance de la plus belle eau, qui court sur près de cinquante années. Gaston Gallimard a ôté son nœud papillon, Paulhan sa veste grise : nous découvrons, avec ces deux hommes en bras de chemise, les dessous de la NRF. Rien de plus vivant ni de plus déconcertant parfois que cet échange fait de pièces et de morceaux : on y trouve à la fois des billets griffonnés et des lettres ouvragées, des années blanches et des années noires, des déclarations d’amitié et d’impôts. Paulhan et Gallimard travaillaient ensemble et se voyaient facilement ; leurs lettres sont le plus souvent familières, sans façon. Et souvent sans suite puisqu’elles appellent ou prolongent une conversation, à la faveur d’une maladie, d’un voyage ou d’un dimanche.

Cette correspondance à bâtons rompus, où Claude Gallimard va prendre peu à peu sa part, fut avant tout professionnelle. Mais c’est une bien curieuse profession, qui serait plutôt de l’ordre de la profession de foi. Paulhan estimait en effet que sa « vie véritable » avait commencé le jour où Gaston Gallimard était venu, avec Jacques Rivière, lui proposer d’entrer à La NRF. Gallimard invoquera aussi l’ami disparu pour sceller leur alliance : « Depuis la mort de Jacques Rivière, la NRF, la maison, c’est vous et moi. »

 

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